L’urgence de prendre son temps...


-Par Hugo Dubé

Voici l’histoire de Nathalie :

  • Elle est fréquemment privée de sommeil et se sent fatiguée avant même de commencer la journée.
  • Elle est toujours à la course et souvent en retard.
  • Elle quitte la maison sans prendre le temps de déjeuner et elle achète muffin et café au comptoir-lunch du coin.
  • Elle a l’impression d’être toujours submergée par le travail et les obligations professionnelles.
  • Elle est ensevelie sous la gestion de ses comptes de réseaux sociaux, de textos, de courriels et de messages.
  • Elle sait que tôt ou tard elle ne pourra pas répondre adéquatement à une demande faute de temps, budget restreint et quoi d’autre.
  • À l’heure du lunch, elle demande le service express et l'addition dès les premières bouchées avalées ou elle mange en vitesse un repas préparé à la chaîne ou elle ne mange pas et continue à prendre du poids.
  • Vers 15h00, elle ressent une baisse d’énergie et une pointe d’anxiété sachant que le retour à la maison ne lui offrira pas un véritable repos puisqu’elle sera sollicitée de toutes parts par les obligations familiales, sociales ou sportives.
  • Elle se sent coupable de ne pas passer assez de temps avec sa famille, et lorsqu’elle est avec celle-ci, elle n’est pas vraiment là.
  • Elle se sent continuellement bousculée par le temps et commence à manifester son ras-le-bol.

On arrive à un point où tout va trop vite. Un malaise s’installe, mais on ne sait trop comment freiner. Où courons-nous ? Pourquoi sommes-nous si pressés de vivre ?Pourquoi doit-on attendre qu’une crise survienne avant de revenir à l’essentiel ? Cet épisode nous pousse souvent à poser un nouveau regard sur notre vie et le temps prend alors une toute nouvelle dimension. On réalise que nous sommes tombés dans le piège du faire en oubliant simplement d’être ici et maintenant.

 

Il est pourtant possible de ralentir avant que tout éclate, mais une prise de conscience s’impose. Nous ne pouvez pas tout faire, tout apprendre, tout avoir ... Il faut faire des choix, savoir déléguer et accepter qu’il y ait des choses qui vont nous échapper ou que nous devrons renoncer. Ce n’est pas un exercice facile à faire, mais si nous voulons changer notre rythme, réaligner notre vie, nous devons dans un premier temps faire la distinction entre nos priorités et les fausses urgences.

Il faut aussi accepter et s’accorder le droit à la paresse, qui est l’occasion de réfléchir sur soi, d’inventer, de développer, de rêver, d’imaginer... Ce sont des moments propices à la créativité. L’histoire est pleine de récits où l’inspiration frappe notre imaginaire dans ces moments d’oisiveté.

 

L’urgence de ralentir pour prendre le temps de mieux vivre, de mieux se retrouver, pour mieux profiter afin de mieux ressentir, pour mieux imaginer, pour mieux penser et savourer davantage le moment présent. Comme je le dis dans ma conférence «s’unir au monde et ressentir l’essentiel...»


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